Le Syndicat des Professeurs de la Ville de Paris

L’UNSA Éducation

L’UNSA Éducation aujourd’hui

Deuxième à l’Éducation nationale, représentative dans l’Enseignement supérieur et la Recherche, et première à la Jeunesse, Sports, Vie associative et Éducation populaire ;
L’UNSA Éducation est sans conteste la première fédération des métiers de l’Éducation !

– 22 syndicats avec vous

Quel que soit votre métier, il y a un syndicat pour vous. Les syndicats de l’UNSA Éducation sont à votre écoute et à votre service pour vous aider et vous défendre. Par la diversité des approches et des métiers, nos syndicats s’enrichissent mutuellement dans l’UNSA Éducation.

– Salariés du Public et du Privé, ensemble !

L’UNSA Éducation et ses syndicats ont fait avec l’UNSA le choix d’un syndicalisme interprofessionnel.
Des salariés du public et du privé ensemble pour une société solidaire.

– Pour une société éducative

L’UNSA Éducation défend une conception globale de l’éducation qui intègre toutes ses dimensions : l’École et l’Éducation au sens large, la formation professionnelle, l’éducation populaire, les activités physiques et sportives, les pratiques culturelles. À l’UNSA Éducation, on défend l’idée que toute personne est éducable. Chacun doit se voir garantis, un socle commun de connaissances et de compétences à l’issue de sa scolarité obligatoire puis un droit à formation tout au long de la vie.

– Offensifs pour l’avenir

L’UNSA Éducation c’est un syndicalisme réformiste et exigeant. Dénoncer et s’opposer quand il le faut, l’UNSA Éducation cherche aussi à proposer et à négocier pour avancer. Quel que soit l’employeur ou le gouvernement en place, c’est en toute indépendance que nous agissons.

– Des valeurs au cœur

Égalité, humanisme, laïcité, liberté sont des valeurs qui structurent notre action.
Pour l’UNSA Éducation, la défense et la promotion de la liberté de conscience, de l’égalité femme/homme et le combat contre toutes les discriminations sont des priorités. L’Éducation qui permet de déconstruire les stéréotypes et les préjugés est essentielle pour faire reculer le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie.

 

Un peu d’histoire:

Des origines à la Libération

Né dans la clandestinité au début du XXe siècle (les fonctionnaires sont exclus du droit syndical), le syndicalisme dans l’éducation se développe après la guerre de 1914-1918 avec, notamment, la transformation en «Syndicat national des instituteurs» de l’ancienne Fédération des amicales.

La Fédération, créée sous l’appellation de Fédération générale de l’Enseignement (FGE) en 1929, est victime de la répression du régime de VIchy pendant l’Occupation et se reconstitue à la Libération.

Dans l’enseignement, le syndicalisme est né dans l’illégalité puisque les fonctionnaires sont exclus de ce droit (ils le seront légalement jusqu’en 1946). Le mouvement syndical, balbutiant, minoritaire, réprimé se développe à partir de 1905 dans une orientation syndicaliste-révolutionnaire qui correspond à l’orientation de la CGT d’alors. La première revue syndicale est crée en 1910 : c’est l’École émancipée qui donnera, après 1945, son nom à une tendance de la FEN.

C’est la loi de 1901 sur les associations qui permet une organisation collective, massive, notamment chez les instituteurs. Dès les premières années du siècle, les dirigeants de la Fédération des amicales sont des syndicalistes. Louis Roussel et Émile Glay seront d’ailleurs les fondateurs et les premiers dirigeants du Syndicat national des instituteurs jusqu’en 1930.

En 1920 le Syndicat National des Instituteurs (SNI) — dont l’actuel Syndicat des enseignants (SE-UNSA) est à la fois l’héritier et le continuateur — se créé et adhère à la CGT (1925). C’est alors la CGT réformiste de Léon Jouhaux «deuxième période» (à ses débuts, il était anarcho-syndicaliste). La CGT avait été victime d’une première scission en 1921 avec la création de la CGTU (U comme unitaire) où s’étaient retrouvés militants communistes et syndicalistes révolutionnaires, ces derniers étant assez rapidement en conflit avec les premiers quand l’emprise du PC sur la CGTU se sera affirmée.

Le SNI regroupe 80 000 des 120 000 instituteurs. Le fait syndical, malgré la loi et les sanctions, est là. Le Syndicat est alors une force sociale qui compte et jouera un rôle dans l’émergence du Comité de vigilance antifasciste après les émeutes de 1934 et la signature des accords de Front populaire en 1936.

Le 23 décembre 1928 est créée au sein de la CGT la Fédération Générale de l’Enseignement (FGE) qui regroupe progressivement les personnels enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, ainsi que des personnels qu’on nommerait aujourd’hui «administratifs et techniques». Au sein de la FGE, le poids des instituteurs est écrasant mais, dans une période où les enseignements fonctionnent encore comme des «ordres» parallèles (le primaire avec l’enseignement primaire supérieur; le secondaire avec les classes élémentaires des lycées ; l’enseignement technique avec sa direction ministérielle et son inspection générale autonomes; l’enseignement supérieur comme la réunion des grandes facultés), la FGE fonctionne au mieux comme un cartel.

En 1935, la CGT est réunifiée au congrès de Toulouse (la CGT est toujours la CGT réformiste de Léon Jouhaux même si, alors, des militants communistes, minoritaires, siègent au Bureau confédéral). L’unité ne résistera pas à la guerre et au pacte germano-soviétique.

Quand arrive la débâcle de 1940, le SNI et la FGE sont immédiatement l’objet de la répression du Gouvernement de Vichy : leur dissolution est immédiate tandis que des mesures significatives sont prises : suppression des écoles normales d’instituteurs («foyers laïques»), suppression de la gratuité de l’enseignement secondaire public (instituée par Jean Zay, ministre de l’Éducation du Front populaire), instauration d’aides financières à l’enseignement privé catholique.

Le Syndicat national des instituteurs se reconstitue dans la clandestinité malgré quelques défections. Deux secrétaires généraux du SNI clandestin, Georges Lapierre (emblématique directeur de la revue l’École libératrice) et Joseph Rollo seront arrêtés et mourront en 1945 en déportation. En 1944, la section parisienne du SNI se reconstitue officiellement dans les combats de la Libération de Paris et les syndicalistes fonctionnaires reprennent les armes à la main les locaux d’avant-guerre, rue de Solferino, confisqués par Vichy, récupérés par le «commissariat général à l’information» et occupés par des miliciens.

Les Syndicats nationaux puis la Fédération générale de l’Enseignement se reconstituent: la Fédération est alors confiée à Adrien Lavergne, militant parisien d’avant-guerre, responsable clandestin de la Fédération et résistant.

 

La reconstruction d’après-guerre et la FEN unitaire

En 1946, la Fédération générale de l’Enseignement (FGE) devient la Fédération de l’Éducation nationale (FEN). Elle préserve son unité en passant à une autonomie qu’elle souhaite provisoire en 1948, lors de la scission entre CGT et Force ouvrière.

Son modèle unitaire, fondé sur la reconnaissance des tendances, fonctionne à peu près jusqu’aux années quatre-vingt puis se délite à la fois du fait de l’apparition d’une concurrence externe et de cristallisation des oppositions internes. En 1992, le constat est établi qu’on est passé des courants de pensée de 1948 à des logiques de fractions qui rendent illusoire l’unité organique.C’est la scission.

1. Le panorama syndical de la Libération aux années soixante

En 1946 au sein de la CGT de nouveau réunifiée par les accords du Perreux (1943), la FGE prend le nom de Fédération de l’Éducation Nationale (FEN) affirmant ainsi sa vocation à rassembler les personnels de toutes catégories. À la différence de sa confédération, où les communistes deviennent majoritaires dans l’appareil, sa majorité demeure réformiste.

En 1947, la FEN refuse la scission entre la CGT et la CGT-FO (Force ouvrière). La plupart de ses syndicats (dont le SNI) organisent des référendums. Elle fait le choix de rester autonome dans l’attente de la réunification. Cette décision — qu’expliquent notamment des enjeux de défense laïque, de reconnaissance et revalorisation des corps enseignants, mais aussi la création toute récente (1946) de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) sur décision du congrès de Grenoble du SNI — sera soutenue par la majorité fédérale et le courant École émancipée (EE). Les militants communistes la combattront, souhaitant bien entendu rester à la CGT (leur tendance, avant d’être nommée Unité et Action dans les années soixante-dix, sera désignée par l’appellation de cégétistes ou ex-cégétistes).

L’unité syndicale maintenue comporte cependant une contrepartie: la reconnaissance du droit de tendance et la représentation proportionnelles dans les instances délibératifs, l’exécutif restant homogène. C’est le principe de la célèbre motion «Bonissel-Valière» — René Bonissel étant un militant de la majorité «autonome» et Marcel Valière un militant de la tendance «École émancipée». En outre, il est prévu que les militants pourront à titre individuel adhérer à la confédération (CGT ou FO) de leur choix sous réserve de ne pas constituer de syndicat national concurrent.

« Les cégétistes » s’y opposeront. Ils conserveront d’ailleurs jusqu’en 1954 une double affiliation avec la CGT à laquelle il sera mis fin par une décision du bureau politique du PCF du 4 janvier 1954 «invitant les instituteurs communistes à concentrer leur activité syndicale au sein du SNI»… ce qui fut fait. S’il y avait des «amis de Force ouvrière» dans la FEN, ils s’intégrèrent dans la majorité et, hormis un éphémère «syndicat FO des directeurs» n’eurent guère d’activité jusqu’aux années quatre-vingt.

Devenue autonome pour sauvegarder son unité, la FEN gardera vivace son attachement au syndicalisme interprofessionnel et sa volonté de le voir se recréer autour d’elle.

En 1957, une initiative «Pour un Mouvement Syndical Uni et Démocratique» (PUMSUD), est prise par Denis Forestier, secrétaire général du SNI, et des militants de la CGT et de la CGT-FO. Son objectif, la réunification syndicale, se heurte à l’hostilité des confédérations, aussi bien la CGT que FO. Malgré un succès certain cette initiative s’éteindra au début des années 60.

2. La FEN de 1946 à 1968

De 1946 à 1968, la Fédération de l’Éducation nationale est, d’abord et avant tout, une fédération de syndicats nationaux catégoriels, généralement hégémonique dans son secteur (hormis les centres d’apprentissage – futurs lycées professionnels — où le syndicat est passé à la CGT, un syndicat FEN, le SNETAA étant alors créé par une poignée de militants dont Jacques Fournier — ainsi que les agents de lycée où le syndicat était passé à la CGT et où un syndicat FEN s’était de même constitué).

La FEN est essentiellement un cartel de syndicats qui dispose de deux puis de trois permanents seulement. Son activité s’oriente d’abord sur le champ de la Fonction publique (c’est en 1946 qu’est adopté le statut général des fonctionnaires par la «loi Thorez» et en 1948 qu’est définie — non sans conflits — la grille indiciaire de la Fonction publique de l’État).

Mais elle est présente, comme avant et comme après, sur le terrain des des droits et libertés dans lequel elle acquiert une reconnaissance certaine. Contrairement à quelques caricatures en effet, elle ne se cantonne pas à l’action corporatiste. Les débats de son congrès de 1956 sur le coup d’État soviétique en Hongrie ont marqué les observateurs et, en 1958, elle s’est opposée au coup d’État gaulliste. Elle appellera – seule organisation syndicale française – à la grève générale le 30 mai 1958.

De même, très concernée par le conflit algérien, elle s’est efforcée d’arriver à la paix en Algérie en privilégiant l’hypothèse d’une «conférence de la table ronde» où tous les acteurs auraient été présents.

3. La FEN en 1968 et après

Dans les années soixante, la FEN, se développe sous l’influence de plusieurs facteurs :

– l’attrait de son caractère unitaire dans un syndicalisme français divisé,

– l’extension de son champ de syndicalisation à tous les personnels de l’Éducation, de l’Éducation populaire, des Sports, de la recherche, de la culture et de la Justice,

– l’expansion de ce champ de syndicalisation de par la «massification» de l’enseignement,

– le développement d’une politique éducative et revendicative combative fondée sur la proposition, la négociation et l’action.

Mais, dans la même période, la conquête par la minorité Unité et Action des plus importants syndicats du second degré (SNES, SNEP notamment) exacerbent les débats sur les conflits pédagogiques portant sur la démocratisation du système scolaire et ses structures, en particulier au collège où, dès les années soixante-dix, le conflit prend une tournure de plus en plus violente, la majorité de la FEN élaborant, à partir de 1973, un projet d’École de l’éducation permanente à partir du pilier que constitue le projet d’École fondamentale porté par la majorité du SNI (avec des débats qui rappellent tous ceux que nous avons connu depuis sur le «socle commun»).

Au cours des évènements de mai 1968, la FEN émerge et joue un rôle majeur dans deux domaines :

– elle est l’artisan d’une convergence improbable entre le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier,

– elle joue un rôle central dans les négociations de la Fonction Publique qui s’ouvriront à la suite des «accords de Grenelle» dans lesquelles elle s’impose à la fois en raison des «évènements» qui ont conduit à cette conférence sociale et à son poids incontestable dans la Fonction publique.

L’activité de la FEN se développe sur 4 terrains :

  • La laïcité est son engagement identitaire. La défense de l’école publique laïque et, plus largement, de la laïcité de l’Etat et de la société, fonde sa démarche. Cette bataille sera ponctuée par de nombreux temps forts — notamment l’échec de 1984 mais aussi la manifestation du 16 janvier 1994 (un million de manifestants à Paris).
  • Les droits et libertés. C’est, là encore, un combat permanent, intransigeant, sans complaisance de la Fédération, en France comme dans le monde.
  • La transformation du système éducatif. Cette bataille permanente, la FEN l’a appuyée sur ses projets éducatifs successifs : de l’École de l’éducation permanente (développée de 1973 à 1980) au projet d’École de l’an 2000 (congrès de la Rochelle de 1988) à Pour une société éducative (Pau, 2000), il y a une continuité d’orientation certaine.
  • La revalorisation de la situation des personnels. C’est le sens de notre engagement dans la fonction publique. À l’origine des négociations dans la fonction publique à partir de 1968, la FEN les a développées par une pratique régulière et la signature de nombreux accords. Elle a également impulsée la revalorisation des diverses catégories dans la Fonction publique en particulier lors de l’accord Durafour en 1990 après la première étape de l’accord Rocard-Jospin de 1989 (revalorisation de la profession enseignante).

L’approche plus transversale des problèmes — pas seulement dans la Fonction publique, mais aussi dans l’éducation — a conféré à la FEN un rôle «opérationnel» croissant. Amorcé à partir de 1968 sous James Marangé, il a conduit à un intense développement de l’activité fédérale pendant le mandat d’André Henry au secrétariat général de la FEN (1974-1981).

4. Le modèle unitaire mis à mal

La FEN unitaire pouvait l’être à deux conditions:

1° le fait qu’elle faisait bien, par elle-même, l’unité des personnels ;

2° le fait que, dans sa vie interne, les règles du jeux soient respectées.

Or, dans la foulée de mai 1968, un certain nombre de militants de la FEN — plus particulièrement dans le second degré — la quittent. C’est lors d’un congrès du SNES, par exemple, que Jean-Claude Guérin et Raymonde Piécuch annoncent leur départ en tant que militants de la rénovation pédagogique. C’est dans cette période que le SGEN-CFDT se développe, devenant d’autant plus un concurrent pour la FEN que la déconfessionnalisation de la CFDT (CFTC avant 1964, l’actuelle CFTC étant issue de la minorité d’alors) s’affirme.

Cette situation sera aggravée par le départ en 1983, non sans succès, de militants de la FEN issus de la mouvance trotskyste-lambertiste vers Force ouvrière sur des positionnements hostiles à toute évolution du système éducatif.

Parallèlement, le conflit entre la majorité de la FEN (et celle du Syndicat national des instituteurs et professeurs d’enseignement général de collèges, nom pris par le SNI en 1976) et les directions du SNES et du SNEP, notamment, ne cesse de grandir. En 1973, déjà, un congrès fait un premier rappel à l’ordre solennel après une grève fractionnelle décidée sur un champ — la Fonction publique — reconnu comme de compétence fédérale et sur lequel la FEN s’était prononcée. Les périodes ultérieures (notamment après 1981) ont abouti à des oppositions de plus en plus marquées rendant la Fédération impuissante dans un premier temps, conduisant à une scission inéluctable (elle aurait pu intervenir plus tôt ou plus tard): avant le divorce constaté en 1992, il y avait de fait «séparation de corps».

5. 1992 : l’éclatement

En 1992, la FEN éclate, non sans réticences en raison d’un attachement à une histoire commune. Dans la majorité fédérale, la nécessité d’avancer avait conduit ainsi à la démission forcée de Yannick Simbron en 1991, qui espérait encore que la chute du mur de Berlin pourrait modifier les approches des minoritaires. Mais la cristallisation des oppositions et, fondamentalement, de celle qui n’a cessé de croître avec le SNES au plan revendicatif comme dans les conceptions éducatives, rendait cette démarche illusoire.

Après plusieurs épisodes judiciaires (de contestation de congrès en contestation de congrès), la scission fut actée (et nulle juridiction ne constata comme infondés les reproches faits au SNES et au SNEP). Le SNES et le SNEP étaient radiés de la FEN; le SNI-PEGC et le SNEEPS (chargés d’enseignement d’EPS, les professeurs relevant alors du SNEP) fusionnaient au sein du Syndicat des Enseignants que rejoignirent des militants issus du SNES et du SNEP et partageant les mêmes orientations.

Rejoints par les syndicats à direction Unité et Action et le SNETAA (qui repartira rapidement), rejoints aussi par les enseignants du premier degré issus notamment d’Unité et Action et de l’École émancipée (sauf ceux qui adhéraient au projet de corps unique) qui fondèrent le SNUIPP, le SNES et le SNEP fondaient la FSU qui vit, depuis, sa propre histoire.

Mais les conflits s’étaient irrémédiablement amplifiés et cristallisés, en particulier autour de deux conceptions du syndicalisme (réformiste/ protestataire) et de deux conceptions du système éducatif (transformation/ conservation). Cette tension avait culminé au moment des négociations de 1988-1989 sur la revalorisation de la fonction enseignante et des débats sur la loi d’orientation «Jospin»de l’éducation nationale — singulièrement, déjà, sur la question de la formation des maîtres.

La rupture fut publique avant d’être juridique: à côté de la FEN existait déjà, et de plus en plus, une «FEN bis» qui rendait la situation insoutenable au sens premier du terme.

Cette déchirure eu un coût indéniable en termes de syndicalisation comme en termes électoraux. Elle fut aussi, pour la FEN, une refondation de son potentiel de propositions, d’interventions et d’actions.

 

La refondation (1992-….)

Libérée des conflits de tendance, la Fédération s’est engagée à conforter les positions du syndicalisme réformiste, ce qu’elle concrétisa en 1993 avec la création de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA) et au plan fédéral, avec un travail en profondeur sur son projet: « pour une société éducative».

Si la scission fut douloureuse et souvent incomprise, la Fédération était libérée des conflits de tendance stériles et sclérosants. Reprenant l’initiative sur le terrain interprofessionnel, en partenariat avec plusieurs organisations autonomes, la Fédération crée l’UNSA en février 1993. Les contacts étaient d’ailleurs anciens et, au début des années quatre-vingt, des idées de rapprochements entre organisations autonomes avaient germé, faute de perspectives de rapprochement confédéral). Elles avaient été abandonnées, y compris en raison de «procès en recomposition», mais les liens s’étaient maintenus.

À partir des cinq organisations fondatrices, une nouvelle organisation interprofessionnelle émerge dans le paysage syndical français à partir de 1993 et plus encore de 1998 lorsque Jacques Mairé et ses amis quittent Force ouvrière englué dans le syndicalisme de contestation pour rejoindre l’UNSA.

L’UNSA regroupe désormais des centaines de fédérations et de syndicats du secteur public comme du secteur privé. L’UNSA est de fait aujourd’hui la 4e organisation syndicale interprofessionnelle en France.

Ce succès symbolise aussi la refondation de la FEN  (Fédération de l’Éducation nationale) en UNSA Education lors de son congrès de Pau en décembre 2000, ce même congrès qui valide le projet Pour une société éducative dans un choix courageux, discuté mais assumé notamment par Jean-Paul Roux, secrétaire général de la Fédération de 1997 à 2003.

Première fédération de l’UNSA par le nombre et la représentativité, l’UNSA-Éducation inscrit son avenir dans le développement de l’Union interprofessionnelle à laquelle elle a donné ses trois premiers secrétaire généraux: Martine Le Gal (ancienne secrétaire nationale du SE-UNSA puis de la Fédération), Alain Olive (ancien secrétaire national de la Fédération) et, actuellement, Luc Bérille (ancien secrétaire général du SE-UNSA et, à ce titre, membre de l’Exécutif national de la Fédération).

Forte de son ancrage dans son histoire et ses valeurs, l’UNSA Éducation, aujourd’hui comme hier, entend mener, selon la formule du congrès d’Amiens de la CGT en 1906, «la double besogne quotidienne et d’avenir» pour le progrès social aujourd’hui et la construction, dans la durée, d’une société émancipatrice.

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