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Rythmes scolaires : ne mélangeons pas enseignement et animation ! Déclaration du SNADEM-UNSA en CST

CST CENTRAL DU 30 SEPTEMBRE 2026

Déclaration liminaire SNADEM-UNSA

Rythmes scolaires : ne mélangeons pas enseignement et animation !

Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs les représentants de l’administration,
Mesdames, Messieurs les représentants du personnel,

Nous souhaitons aujourd’hui attirer votre attention sur une question qui dépasse largement la seule organisation des horaires scolaires, à savoir: la nature même des missions confiées aux Professeurs de la Ville de Paris et, à travers elle, la conception du service public d’éducation à Paris.

La question des rythmes scolaires est actuellement au cœur des discussions. La Ville a engagé une importante refondation du périscolaire, avec notamment la création de l’École du périscolaire et l’ouverture, à l’automne, d’une nouvelle phase de concertation sur les rythmes scolaires en vue d’une éventuelle évolution à la rentrée 2027.

Dans ce contexte, nous voulons être extrêmement clairs :

Changer les rythmes scolaires ne doit pas conduire à changer le métier des Professeurs de la Ville de Paris.

Enseigner n’est pas animer

Cette distinction n’est ni sémantique, ni corporatiste.

Elle est au contraire fondamentale pour les enfants, pour les familles et pour la qualité du service public.

Les PVP sont des enseignants spécialisés. Ils interviennent en classe, aux côtés des professeurs des écoles, pour assurer l’enseignement des arts plastiques, de l’éducation musicale et de l’éducation physique et sportive.

Leur statut précise (Titre I art.2): En qualité d’enseignants ils sont habilités, pendant le temps scolaire, à faire pratiquer toutes les activités relevant de leur spécialité, conformément aux programmes et instructions officielles de l’Education nationale  pour les écoles élémentaires. La natation fait partie intégrante de cette activité. (Délibération 2002 DRH 69 des 8 et 9 juillet 2002)

 

Les obligations de service hebdomadaires des professeurs de la Ville de Paris sont fixées à 20 heures. Elles sont constituées d’un temps d’enseignement, effectué en classe, en ateliers ou en piscine, et d’un temps de concertation de 1heure.( règlement de service titre VI art.9

Il ne s’agit donc pas simplement de professionnels capables de proposer des activités artistiques ou sportives.

Ils enseignent.

Ils construisent des apprentissages.
Ils s’inscrivent dans les programmes de l’Éducation nationale.
Ils évaluent les acquisitions des élèves dont ils assurent le suivi sur toute leur scolarité en école élémentaire.
Ils travaillent en complémentarité avec les professeurs des écoles.
Ils participent aux projets pédagogiques des écoles.

C’est précisément ce qui distingue leur intervention de celle d’un animateur périscolaire.

Une activité périscolaire n’est pas un enseignement scolaire

Nous ne dévalorisons évidemment pas le travail des personnels d’animation.

Le périscolaire est indispensable. Les animateurs exercent des missions essentielles auprès des enfants et contribuent pleinement à leur éducation et à leur épanouissement.

Mais leurs missions ne sont pas celles des enseignants.

La Ville elle-même distingue actuellement les deux temps et les deux fonctions : les PVP assurent les enseignements sur le temps scolaire, tandis que les animateurs encadrent notamment les temps périscolaires, l’interclasse, les activités après la classe, les mercredis et les vacances.

Même lorsque les activités proposées peuvent porter sur les mêmes domaines — sport, musique, arts, culture — leur finalité, leur cadre, leurs objectifs et les responsabilités professionnelles ne sont pas identiques.

Faire de la musique en classe dans le cadre d’un enseignement d’éducation musicale n’est pas la même chose que proposer un atelier musical périscolaire.

Faire de l’EPS dans le cadre des apprentissages scolaires n’est pas la même chose que proposer une activité sportive.

Faire acquérir des compétences artistiques dans le cadre des programmes n’est pas la même chose que proposer une activité de découverte ou de loisir.

Même discipline, mais pas même mission.
Même enfant, mais pas même temps éducatif.

 

Le risque d’un basculement des PVP dans le périscolaire

C’est précisément pour cette raison que nous sommes particulièrement préoccupés par toute hypothèse qui conduirait, dans le cadre de la réforme des rythmes, à faire basculer tout ou partie des missions des PVP vers le temps périscolaire.

Une telle évolution ne serait pas une simple modification d’emploi du temps.

Elle changerait la nature de l’intervention des PVP.

Elle ferait progressivement passer des heures d’enseignement à des heures d’activités.

Elle brouillerait la frontière entre enseignant spécialisé et intervenant d’animation.

Elle fragiliserait l’identité professionnelle d’un corps dont la spécificité repose précisément sur son appartenance au champ de l’enseignement.

Et elle poserait nécessairement la question des obligations de service, des missions, des modalités d’intervention, du recrutement et de la qualification attendue des futurs PVP.

Nous ne pouvons donc pas accepter que cette question soit traitée comme une simple conséquence technique de la réforme des rythmes.

Le changement de nom de l’École des métiers de la DASCO en École du périscolaire est-il un signal adressé aux PVP afin de leur faire accepter progressivement le transfert de leur mission vers le périscolaire?

 

L’appellation qui nous a été présentée officiellement en CST DASCO le 23 juin, était la suivante :

« École du périscolaire et des métiers de l’éducation ». Elle avait le mérite de ne pas invisibiliser davantage les PVP.

Nous avons bien entendu la Ville lorsqu’elle affirme que l’École du périscolaire vise à renforcer la formation des professionnels intervenant auprès des enfants et à professionnaliser le secteur de l’animation.

Nous ne remettons pas en cause cet objectif.

Mais précisément, professionnaliser le périscolaire ne signifie pas transformer les enseignants en animateurs.

La création de cette école ne peut pas devenir, directement ou indirectement, le support d’un transfert des missions des PVP vers le périscolaire.

La Ville doit aujourd’hui lever toute ambiguïté.

Nous demandons donc que l’Exécutif confirme clairement que la réforme des rythmes scolaires ne constituera pas le moyen de modifier la nature des missions des Professeurs de la Ville de Paris.

Nous demandons des garanties

Quel que soit le scénario retenu pour l’évolution des rythmes scolaires à Paris à compter de la rentrée 2027 :

  • les 19 heures hebdomadaires d’enseignement des PVP doivent rester des heures d’enseignement ;
  • elles doivent s’effectuer sur temps scolaire ;
  • elles ne doivent pas être transformées en heures d’animation périscolaire ;
  • la réforme des rythmes ne doit pas conduire à une modification de l’identité professionnelle des PVP ;
  • toute évolution ayant une incidence sur leurs missions, leurs obligations de service ou leurs conditions de travail doit faire l’objet d’une concertation spécifique avec le SNADEM-UNSA et d’un examen dans les instances compétentes.

Nous demandons donc à l’Exécutif une réponse claire et sans ambiguïté sur ce point.

Nous voulons également rappeler 

Les enfants parisiens ont aujourd’hui la chance de bénéficier, dans le cadre scolaire, de l’intervention de professionnels spécialisés en arts plastiques, en éducation musicale et en EPS.

Cette organisation permet une complémentarité entre les professeurs des écoles et les PVP.

Elle permet également d’apporter dans les classes des compétences et une expertise spécifiques.

Cette richesse ne doit pas être diluée dans une conception où tout deviendrait indistinctement une “activité éducative”.

Temps scolaire et temps périscolaire  sont complémentaires.

Mais complémentaires ne veut pas dire interchangeables.

Enfin, nous voulons prévenir très clairement l’Exécutif

Si l’hypothèse d’un basculement des missions des PVP vers le temps périscolaire devait être retenue, il ne s’agirait pas d’une évolution que les personnels accepteraient sans réaction.

Les Professeurs de la Ville de Paris sont profondément attachés à leur métier, à leur qualification et à leur mission d’enseignement.

Ils n’accepteront pas que, sous couvert de réforme des rythmes scolaires, leurs heures d’enseignement deviennent des heures d’animation.

Une telle décision provoquerait immanquablement une réaction forte du corps des PVP et du SNADEM-UNSA

Nous vous adressons aujourd’hui cet avertissement:

nous ne laisserons pas transformer l’enseignement en animation.

Et nous entendons défendre cette conception du service public d’éducation parisien avec la plus grande détermination.

Changer les rythmes des enfants ne doit pas changer le métier des PVP.

Je vous remercie.

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