P.V.P : Porte Vers le Périscolaire?!
P.V.P : PORTE VERS LE PERISCOLAIRE.
ET SI NOTRE ACRONYME DEVENAIT TOUT AUTRE ?
Des signaux nous alertent aujourd’hui.
Serait-il question de revoir nos missions et notre temps d’intervention ?
Il ne vous aura pas échappé que l’École des métiers de la Dasco qui a ouvert ses portes, si fièrement en 2018, a subitement changé de dénomination.
Il s’agit dorénavant de l’École du périscolaire ! Euréka. Il suffisait juste d’en changer le nom pour que toutes les difficultés rencontrées actuellement par la DASCO soient résolues…
Trêve de galéjade, il est évident pour nous qu’il s’agit, dans un premier temps, d’une opération de marketing. La Ville doit envoyer un signal fort aux parents qui ont perdu confiance dans les équipes du périscolaire. Le recrutement d’animateur-rices non qualifié·es, non formé-es et potentiellement « dangereux-ses », appelait une réaction.
Vous l’avez demandé ? La Ville l’a fait ! L’école du périscolaire est sur toutes les lèvres, sur tous les réseaux.
Les parents qui n’avaient pas connaissance de l’existence de l’École des métiers auparavant auront l’impression qu’une nouvelle école a bel et bien vu le jour, d’autant que les bureaux ne sont plus rue des Orteaux (20ème) mais dans les bureaux flambant neufs de la Tour Axiom à la porte d’Italie (13ème). Tout laisse donc penser à un renouveau. En revanche, le catalogue de formation, lui, reste identique.
Lors d’un agenda social, nous avions pourtant bien exprimé notre opposition au projet de dénomination “École du périscolaire”, excluant et invisibilisant de fait les PVP et les autres personnels intervenants sur le temps scolaire (ATE, Gardiens…). Une clause de révision avait été évoquée, la Dasco comprenant notre position.
L’appellation qui nous a été présentée officiellement en CST le 23 juin, était la suivante :
« École du périscolaire et des métiers de l’éducation ». Nous en étions restés là.
Force est de constater qu’une autre orientation a été prise pendant l’été et que cette appellation (École du périscolaire) voit le jour après les conclusions de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant. Est-ce une coïncidence ? La réforme des rythmes serait-elle déjà actée ?
Concrètement, que dit ce rapport concernant les PVP ?
La convention citoyenne considère que l’intervention des PVP est un moyen d’apporter une complémentarité avec les temps périscolaires et souhaite que les PVP disposent de temps supplémentaire pour travailler collectivement avec les animateurs périscolaires afin de renforcer la qualité des propositions d’activité.
Quels seraient les risques ?
Un basculement vers le périscolaire dégraderait considérablement nos conditions de travail.
Passer du temps scolaire au temps périscolaire serait un changement radical.
Le fonctionnement du périscolaire implique des contraintes différentes : horaires fractionnés ou élargis, amplitudes de présence, gestion des arrivées et des départs, groupes constitués différemment, rotation des enfants.
Le risque serait de voir apparaître une organisation dans laquelle nos compétences d’enseignants seraient utilisées comme une simple ressource d’animation.
Nous refusons cette perspective. Nous refusons que la recherche de souplesse dans l’organisation des rythmes scolaires se traduise par une dégradation de nos conditions de travail.
Nous refusons que les PVP deviennent une variable d’ajustement de la nouvelle organisation du périscolaire.
Notre relation pédagogique serait également fragilisée.
Notre métier repose sur une relation pédagogique construite dans la durée. Nous avons comme missions l’instruction, l’éducation et l’évaluation des élèves. Telle est la fonction première de l’école.
Nous connaissons les élèves et nous évaluons leurs progrès. Nous co-construisons des enseignements avec les professeurs des écoles dans le strict respect des programmes officiels de l’éducation nationale.
Une intervention des PVP essentiellement conçue comme une activité périscolaire facultative n’est pas compatible avec un suivi pédagogique car ce fonctionnement pourrait conduire à des groupes plus fluctuants, à des temps plus courts ou morcelés, à des objectifs différents et à une relation avec les enfants davantage centrée sur l’activité, les loisirs que sur les apprentissages.
Ce changement de cadre et d’organisation pourrait donc progressivement modifier la nature même de notre relation pédagogique et de notre mission d’enseignant.
Une remise en cause de notre identité professionnelle
Depuis des décennies, les PVP ont construit une identité professionnelle particulière. Nous sommes des enseignants spécialisés, recrutés sur concours, hautement qualifiés et intégrés aux équipes pédagogiques des écoles.
Notre spécificité repose précisément sur cette articulation entre expertise disciplinaire et mission d’enseignement. Si demain les PVP étaient principalement mobilisés sur des activités périscolaires, comment ne pas s’interroger sur le message envoyé ? À terme, le risque serait de voir s’installer l’idée que nos compétences pourraient être mobilisées comme celles de personnels d’animation. Ce serait une rupture profonde avec notre histoire et avec la raison d’être du corps des PVP. Nous ne pourrions plus mener des projets transdisciplinaires avec les professeur-es des écoles.
Et demain, que deviendrait notre catégorie A ?
Cette question doit être posée clairement. Notre appartenance à la catégorie A n’est pas un simple élément administratif. Elle correspond à un niveau de qualification, de responsabilité, d’expertise et à une conception de nos missions.
Si la Ville décidait de faire basculer nos missions d’enseignement vers des missions d’animation périscolaire, elle serait en droit de se demander :
- Pourquoi maintenir les mêmes exigences de recrutement et de qualification ?
- Pourquoi maintenir les mêmes responsabilités et le même niveau de classification ?
Quel serait le contenu professionnel justifiant demain le maintien de notre positionnement en catégorie A ?
Nous refusons que cette question soit éludée car l’histoire de la fonction publique nous montre qu’une déqualification des missions peut, à terme, conduire à une déqualification des emplois.
Aujourd’hui, nous sommes des enseignants de catégorie A.
Nous devons nous assurer que nous le resterons demain, non seulement sur le papier, mais aussi dans la réalité de nos missions.
Le périscolaire est nécessaire. Mais il ne doit pas devenir notre nouveau métier. Le périscolaire et le scolaire sont complémentaires mais ne sont pas interchangeables.
Nous sommes bien évidemment favorables au développement d’un périscolaire de qualité.
Les personnels qui y travaillent accomplissent une mission indispensable auprès des enfants et doivent eux aussi bénéficier de reconnaissance, de formation et de bonnes conditions de travail.
Mais la professionnalisation du périscolaire ne peut pas se faire au détriment de l’enseignement spécialisé dispensé par les PVP. Il faut au contraire préserver une distinction claire:
- Sur le temps scolaire : des enseignements obligatoires.
- Sur le temps périscolaire : de l’animation et des loisirs facultatifs.
Nous devons être prêts à nous mobiliser !
Nous voulons être très clairs. Nous ne sommes pas opposés à l’évolution des rythmes scolaires. Mais nous refusons qu’elle serve de prétexte à une transformation de notre métier.
Si l’Exécutif parisien décidait de faire basculer les missions des PVP vers le périscolaire, il rencontrerait une opposition forte du corps des Professeurs de la Ville de Paris. Ce choix constituerait une remise en cause profonde de notre identité professionnelle.
Il toucherait à nos missions, à nos conditions de travail, à notre relation pédagogique avec les élèves et, à terme, à la reconnaissance de notre niveau de qualification et de notre statut.
Nous ne laisserons pas nos enseignements devenir des heures d’animation. Notre mission ne doit pas être déqualifiée !
Nous sommes des Professeurs de la Ville de Paris et nous entendons le rester !
La réforme des rythmes scolaires ne peut pas être conçue sans prendre en compte ceux qui font vivre quotidiennement l’école parisienne. Les PVP doivent être entendus et le SNADEM doit être associé à toute réflexion susceptible de modifier nos missions, nos obligations de service et nos conditions de travail.
Nous demandons donc à la Ville de garantir clairement que :
- aucune modification de nos missions ou de nos obligations de service ne sera décidée sans concertation préalable avec le SNADEM ;
- les 19 heures d’enseignement des PVP resteront des heures d’enseignement qui s’inscrivent sur le temps scolaire exclusivement ; le temps de service des PVP demeurera inchangé ;
- notre mission d’enseignement sera préservée ;
- notre niveau de qualification et notre positionnement en catégorie A seront garantis ;
- les conditions de travail et la qualité de la relation pédagogique avec les élèves seront placées au cœur de toute évolution des rythmes scolaires.
Le Snadem est à vos côtés et nous sommes mobilisés pour garantir la protection de notre statut d’enseignant sur temps scolaire !






